#MESURE
Mesurer sa visibilité dans les IA : les 8 KPIs du GEO
Edouard Bentin, CEO de Genn —
Le GEO n'a pas de « position 1 ». Une réponse générée change selon la formulation, le moteur, le moment et même d'une exécution à l'autre. Mesurer la visibilité d'une marque dans les IA demande donc un dispositif différent du suivi de positions SEO : un panel de prompts stable, interrogé régulièrement sur plusieurs moteurs, et huit indicateurs lus ensemble.
Le point de départ : un panel de prompts
Tous les indicateurs reposent sur un panel de questions représentatif de la façon dont vos acheteurs interrogent les IA. Nous le construisons en quatre catégories :
- questions de catégorie : « quel est le meilleur logiciel de… pour une entreprise de 200 personnes ? » ;
- questions comparatives : « X ou Y pour… ? », « alternatives à X » ;
- questions de problème : « comment réduire… », « comment automatiser… » ;
- questions de marque : « que vaut X ? », « combien coûte X ? ».
Un panel de départ compte une cinquantaine de prompts, complétés par une dizaine de requêtes conversationnelles longues (50 à 80 mots), plus proches de l'usage réel des assistants. Le panel est soumis à chaque moteur suivi, plusieurs fois, pour lisser la variabilité.
Les 8 indicateurs
1. Taux de citation
Part des prompts du panel pour lesquels la marque est mentionnée ou citée. C'est l'indicateur de base. Il se calcule par moteur : un taux global masque des écarts importants entre ChatGPT, Perplexity et Google.
2. Part de voix (Share of Voice)
Mentions de la marque rapportées au total des mentions de la marque et de ses concurrents sur le même panel. Le taux de citation dit si vous êtes présent, la part de voix dit si vous gagnez du terrain.
3. Position dans la réponse
Être cité en premier ou en cinquième dans une liste de recommandations n'a pas la même valeur. On note le rang d'apparition de la marque dans chaque réponse.
4. Taux d'exactitude
Part des réponses qui décrivent correctement la marque : catégorie, fonctionnalités, prix, cible. Une marque citée avec un tarif inventé ou une fonctionnalité manquante perd des opportunités. C'est souvent l'indicateur le plus révélateur lors d'un premier audit.
5. Couverture fan-out
Les moteurs comme AI Mode décomposent une question en sous-requêtes. La couverture mesure la part de ces sous-questions pour lesquelles votre site propose une réponse. Voir notre article sur le query fan-out.
6. Sentiment
Tonalité de ce qui est dit de la marque, notée de 1 à 10. Une présence importante accompagnée de réserves récurrentes (« plus cher que… », « support limité ») signale un problème à traiter, souvent à la source.
7. Passages des robots IA
Fréquence des visites de GPTBot, OAI-SearchBot, ClaudeBot, PerplexityBot et des autres robots IA dans les logs serveur ou CDN. C'est un indicateur avancé : une page que les robots ne visitent pas ne sera pas citée.
8. Pipeline attribué à l'IA
Visites, leads et opportunités provenant des moteurs génératifs. ChatGPT ajoute un paramètre utm_source=chatgpt.com aux liens qu'il propose ; pour les autres moteurs, on s'appuie sur le référent (perplexity.ai, gemini.google.com, copilot.microsoft.com, claude.ai). Ajoutez une question « comment nous avez-vous connus ? » dans vos formulaires : une partie de l'influence des IA ne laisse aucune trace analytique.
Lire les indicateurs ensemble
Aucun indicateur ne suffit seul. Quelques lectures croisées utiles :
- citation élevée et exactitude faible : votre marque est connue mais mal décrite, il faut corriger les sources (site, fiches tierces, données structurées) ;
- citation faible sur ChatGPT sans recherche, correcte sur Perplexity : votre contenu récent est bien trouvé, mais les modèles ont peu appris de vous, le levier est la présence durable sur des sources tierces ;
- robots absents des logs : problème technique en amont, avant toute action éditoriale (robots.txt, JavaScript).
Les outils
Plusieurs plateformes automatisent la soumission des prompts et le calcul des indicateurs : Otterly.ai, Profound, AthenaHQ, ou les modules IA de Semrush. Elles font gagner un temps considérable. Deux précautions : vérifier comment l'outil interroge les moteurs (API ou interface réelle, avec ou sans recherche web), et garder le contrôle du panel, qui doit refléter vos acheteurs et non une liste générique de mots-clés.
À quelle fréquence mesurer ?
Les réponses génératives varient beaucoup d'un mois à l'autre. Nous suivons les indicateurs chaque semaine pendant un accompagnement, avec une lecture mensuelle des tendances. Un audit ponctuel donne une photographie ; seule la série temporelle permet d'attribuer un changement à une action.
Questions fréquentes
Peut-on mesurer sa visibilité IA gratuitement ?
Oui, à petite échelle : soumettez manuellement une vingtaine de questions à ChatGPT, Perplexity et Google, et notez les résultats dans un tableur. Voir les 5 tests de visibilité. Au-delà, l'automatisation devient indispensable.
Faut-il suivre tous les moteurs ?
Suivez ceux que vos acheteurs utilisent. Pour la plupart des entreprises B2B, ChatGPT, Google (AI Overviews et AI Mode) et Perplexity forment le socle.
Le Share of Voice IA remplace-t-il le suivi de positions SEO ?
Non, il le complète. Les deux mesurent des canaux différents.